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En route vers 11 % de part de marché pour le bio

Par
Isabelle Kaiffer

LE BIO REPRÉSENTE 4 %* DU CHIFFRE D’AFFAIRES DES HYPERS ET SUPERMARCHÉS, ET VOUS ESTIMEZ SON POTENTIEL À 11 % DE PART DE MARCHÉ. COMMENT ARRIVEZ-VOUS À CE RÉSULTAT ?

D’abord nous constatons que le bio ne cesse de progresser, et nous savons que le moteur principal de cette progression est le développement de l’offre, que soutient bien sûr une demande de la part des consommateurs pour des produits plus sécurisants. Or cette offre est loin d’être saturée. D’une part elle progresse toujours sur les catégories où le bio est déjà implanté, mais d’autre part elle est inexistante ou presque sur la moitié des catégories du PGC-FLS ! Il existe donc un potentiel de développement important sur les catégories les plus « animales », comme les fromages, les yaourts ou la charcuterie. Bien sûr atteindre ce niveau de 11 % de part de marché pour le bio au total PGC ne se fera pas en un an…

Si nous regardons la part de marché du bio sur les 124 catégories où le bio est présent, sa part de marché est déjà de 6,4 % au lieu des 4 % précédents. Mais parmi ces catégories, le bio a une part de marché très faible sur nombre d‘entre elles.

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NE PEUT-ON PAS IMAGINER QUE LE BIO FASSE MIEUX QUE 11% ?

Très peu de catégories à ce jour voient le bio dépasser ce niveau de part de marché, même celles sur lesquelles le bio existe depuis longtemps. La diététique est un cas particulier, elle concerne des consommateurs « puristes » de l’alimentation. L’alimentation infantile est aussi intéressante car elle montre que les parents de très jeunes enfants sont très attentifs à la sécurité des aliments. Le bio y est fort, avec encore une marge de progression - il représente la moitié des ventes de babyfood aux USA - on peut donc penser que le bio atteindra un niveau élevé sur les catégories destinées aux enfants.

Les autres catégories où le bio est fort sont avant tout des catégories de matières premières, produits non transformés, oeufs, lait, farine, miel, jus de fruit… Et même sur ces catégories fortes en bio, le niveau de part de marché du bio dépasse rarement 12 %. Sachant que le bio atteindra plus rarement le même niveau sur des produits transformés, la moyenne de toutes les catégories du PGC dépassera difficilement 11 %.    

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POURQUOI PRÉCISÉMENT 11 % ?

La célèbre formule de Parfitt & Collins définit la part de marché comme le résultat du produit de 3 facteurs : la pénétration relative x le taux de fidélité x l’indice de consommation. L’analyse des catégories sur lesquelles le bio est le plus fort (hors diététique) nous donne une moyenne sur ces facteurs de : 33 % de pénétration x 30 % de taux de fidélité x 110 d’indice de consommation, soit 11 % de part de marché.

Bien évidemment il s’agit d’une moyenne, certaines catégories dépasseront ce niveau, d’autres ne l’atteindront pas, mais ceci donne une quantification probable du potentiel du bio par catégorie. Ce potentiel sera ensuite à répartir entre MDD et marques de fabricants - les MDD pesant la moitié des ventes de produits bio - et le potentiel sur les marques de fabricants sera ensuite à répartir entre le nombre d’intervenants…

Le succès des produits bio en GMS sera enfin dépendant du développement des magasins bio, mais on peut penser que la dynamique de ce circuit - essentiellement liée à l’élargissement du parc de magasins - va s’essouffler. À part les archi adeptes du bio qui se concentrent sur ces magasins, la grande majorité des Français s’approvisionnera en bio en grandes surfaces.