INSIGHTS

Œufs contaminés : un impact hétérogène, plus modéré et plus éphémère que d’autres crises alimentaires
Actualités

Œufs contaminés : un impact hétérogène, plus modéré et plus éphémère que d’autres crises alimentaires

Les pertes de chiffre d’affaires ont atteint 1,2 million d’euros lors de la première semaine, rattrapées lors des deuxième et troisième semaines.
Les volumes restent fragilisés et se profile une restructuration de la catégorie au détriment des œufs de poules en cages ; le label bio joue pleinement son rôle de réassurance auprès des consommateurs.

Les révélations autour de la présence de Fipronil dans des œufs et produits transformés ont eu un net impact début août chez les consommateurs. Lors de la semaine allant du 7 au 13 août, les ventes d’œufs en grandes, moyennes et petites surfaces ont ainsi baissé de 1,2 million d’euros comparativement à la semaine précédente. La baisse est de -1,1% si l’on compare vs. la même semaine de l’an passée, une rupture de tendance par rapport aux semaines précédentes qui voyaient le chiffre d’affaires de la catégorie progresser de 6 à 7% régulièrement.

Un impact éphémère ?

Si la baisse des ventes en volume a été significative lors de la première semaine (près de 6% de baisse), elle s’atténue lors des semaines suivantes. Le repli reste de -3,7% et sera donc à suivre sur le court et moyen terme.

L’évolution du chiffre d’affaires est d’ores déjà redevenu positive : les ventes hebdomadaires retrouvent des niveaux supérieurs à 2016, et les 1,2 millions d’euros perdus en semaine 1 ont été regagnés en semaine 2 (600 000 euros de mieux) et semaine 3 (à nouveau 600 000 euros de plus). La situation n’est donc pas comparable avec la crise du horsegate qui a été bien plus violente et plus durable, a priori, que celle-ci.

Les œufs bio épargnés par la crise, les œufs de poules en cage touchés plus durablement

Gages de qualité dans l’esprit des consommateurs, les œufs bio ont vu leur forte croissance à peine érodée, progressant de +16.3% en valeur au pire de la crise, avant de retrouver une progression proche de +20% les 2 semaines suivantes.

Les œufs conventionnels ont été davantage impactés, avec des situations très différentes.

  • D’un côté, les œufs de poule en cage ou volière sont passés d’une stabilité à des reculs de plus de 8%, un recul qui reste aussi élevé les 2 semaines suivantes. En volume, les ventes de ces œufs reculent de plus de 12% sur chacune des 3 semaines étudiées.

  • De l’autre, le recul des œufs conventionnels de plein air a été d’une ampleur équivalente lors de la première semaine : le chiffre d’affaires a baissé de -3,8% alors qu’il progressait de 5% en moyenne auparavant. Mais contrairement aux œufs de poules en cages, l’impact s’est atténué dès la deuxième et la troisième semaine, avec à nouveau un chiffre d’affaires orienté à la hausse.

L’étude des semaines suivantes permettra de dire si la défiance des consommateurs est toujours de mise, et si la ‘crise du Fipronil’ aura accéléré le déclin des œufs de poules en cage au profit des œufs de plein air et œufs bio.