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Les boissons bien orientées en hors-domicile
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Les boissons bien orientées en hors-domicile

Alors que le premier semestre était morose, sur l’ensemble de l’année, le marché des boissons distribuées en CHR  (alcoolisées et non alcoolisées, hors vins et champagnes) a progressé de + 2.1% en volume (+ 3.0% en valeur). Ces performances confirment la reprise de l’activité après les difficiles années 2015 et 2016. Et ce, malgré une année ponctuée de mouvements sociaux (grève perlée à la SNCF par exemple) qui ont pénalisé l’activité des établissements du CHR. La météo ensoleillée de l’été et la Coupe du Monde de Football ont permis un développement des ventes de boissons dans le réseau hors-domicile en 2018, avec un pic en juillet, plus forte progression des 4 dernières années. Bières de dégustation, boissons au thé, gins et amers affichent de fortes croissances.

2 facteurs positifs : météo et Coupe du monde de football

Pour Mathieu André-Febrero, Directeur On Trade chez Nielsen, « deux phénomènes ont positivement influencé le secteur. D’abord, une météo favorable… et l’on connaît la sensibilité du CHR aux conditions climatiques, notamment sur la saison estivale. Ensuite, un événement sportif majeur : la Coupe du Monde de Football qui a permis aux établissements d’événementialiser certaines soirées en juin et juillet pour faire le plein de clients ». Les fortes affluences ont été favorisées par des dispositions réglementaires moins contraignantes quant aux rassemblements de fans en terrasse.

Ainsi, le mois de juillet 2018 est-il le meilleur mois en termes de volumes des 4 dernières années, pour les boissons en CHR.

La fin d’année a été plus délicate pour l’univers des boissons en hors domicile, avec des ventes en repli de 4% sur la période novembre-décembre. Les perturbations liées au mouvement des Gilets Jaunes ont sans doute moins incité les consommateurs à sortir de chez eux, notamment dans les grandes villes. Ainsi l’Ile-de-France affiche un repli plus fort sur les deux derniers mois de l’année (-5%).

Croissance des bières et des boissons sans alcool – mention spéciale aux bières de dégustation & boissons au thé

Toutes les catégories progressent en 2018, hormis les spiritueux (-1.4%), moins favorisés par les conditions météorologiques positives. Les eaux poursuivent leur croissance, déjà observée en 2017, avec cette année +2.6% en volume comme les BRSA (Boissons Rafraîchissantes Sans Alcool) qui se développent à hauteur de +1.3%.

La bière a connu une année 2018 très positive à + 2.4%, qui s’explique pour partie par le dynamisme des bières de spécialité (+6.5%), tout particulièrement les bières artisanales et de dégustation qui s’inscrivent dans le mouvement craft/local. Mais à la différence des années précédentes, les autres segments de bières ont tiré profit de cette météo clémente et d’un effet Coupe du Monde pour soit stabiliser leurs volumes (comme les bières coeur de gamme, à -0.2%), soit afficher une légère croissance (bières entrée de gamme à +0.2%), alors que ces deux catégories sont historiquement en recul.

Les BRSA sont en augmentation en 2018 grâce au retour dans le vert des colas (+0.2%), qui profitent de l’effet Coupe du Monde, mais aussi via la confirmation de la croissance des boissons au thé (+10.1%) qui s’imposent comme une réelle alternative aux autres boissons sucrées. Elles contribuent à hauteur de 55% aux gains alors qu’elles ne pèsent que 8.7% des volumes des BRSA en CHR.

Les spiritueux en repli malgré les gins, amers, purs malts et rhums

Au sein de spiritueux en difficultés, plusieurs tendances se confirment en 2018 avec des progressions positives néanmoins.

  • Le transfert de consommation entre les whiskies blend -12 ans, peu valorisés (-7.8%), et les whiskies de dégustation plus valorisés comme les purs malts (+4.7%) ne suffit pas à dynamiser les volumes de la catégorie mais permet de stabiliser son chiffre d’affaires ;

  • Le rhum, malgré le ralentissement de sa croissance, confirme sa prédominance au sein des catégories cocktails au détriment des vodkas (+2.4 % vs -2.0%) ; le mojito est toujours le cocktail préféré et le plus consommé en France (par 2 Français sur 3) ;

  • Le gin continue d’afficher une croissance insolente (+19 %) et pèse plus du tiers (35%) de la contribution aux gains des spiritueux alors qu’il pèse moins de 5 % de ses volumes ;

  • L’univers apéritifs est toujours en recherche d’un nouveau souffle avec notamment les boissons anisées en repli de -7.3 % ;

  • Les amers ont retrouvé un nouveau souffle il y a plusieurs années grâce notamment au Spritz, et la progression se poursuit encore cette année (+8.3%). Le Spritz a fait d’ailleurs son entrée dans le Top 15 des cocktails les plus consommés par les Français et dans le Top 8 des cocktails préférés des Français.

Méthodologie

  • Nielsen On Trade : suivi des volumes en cafés, hôtels, restaurants, pubs, discothèques.
  • Etude Cocktails : enquête en ligne auprès de plus de 2800 Français âgés de 18 à 65 ans afin de mesurer les attentes des consommateurs et les perspectives de développement du marché. Un relevé des cartes cocktail dans 1000 établissements a été effectué pour identifier l’offre en présence.