Courses en temps de COVID-19 : le samedi perd de sa superbe
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Courses en temps de COVID-19 : le samedi perd de sa superbe

Depuis la mise en place du confinement en réaction au nouveau coronavirus (COVID-19), la manière dont les Français font leurs courses a été bouleversée. Après la ruée dans les magasins observée le 16 mars, chaque jour de la semaine est devenu une journée d’achat équivalente, faisant du week-end une période presque banale.

Depuis la croissance historique de +237% observée sur les ventes alimentaires le lundi 16 mars, veille du début du confinement, les Français se rendent de façon régulière dans les magasins, si bien que la période du lundi au jeudi, habituellement plus creuse, est également devenue clé pour la grande distribution, qui a ainsi dû se réorganiser. A l’inverse, les ventes du samedi affichent un recul à 2 chiffres depuis la mise en place du confinement, notamment du fait des grands hypermarchés, qui ont perdu le tiers de leur activité sur cette journée.

Pour 150 magasins en France (hypermarchés, supermarchés et magasins de proximité), dont 40% se trouvent en région parisienne, le samedi est même devenu la plus petite journée de la semaine… un phénomène impensable il y a encore quelques semaines.

UNE MEILLEURE RÉPARTITION DES ACHATS ALIMENTAIRES SUR LA SEMAINE

Au-delà du samedi, c’est aussi le dimanche qui est à la peine. Alors que les ouvertures dominicales ont été légion en 2019, parfois même en hypermarché et sans personnel de caisse, cette journée ne fait plus recette depuis le début du confinement. Son poids dans les ventes hebdomadaires a ainsi été divisé par 2 (et même par 3 pour les hypermarchés), ce qui bénéficie essentiellement au lundi. Seul le Drive bénéficie aujourd’hui d’une vraie dynamique le dimanche, avec des ventes qui ont triplé les 29 mars et 5 avril, par rapport aux mêmes dimanches de 2019.

Si les Français étalent désormais leurs achats sur la semaine, c’est aussi parce que les fermetures dominicales se multiplient sur le territoire, afin de permettre à la fois au personnel de souffler en cette période sans précédent, et de limiter les ruptures le lundi. Seuls 54% des magasins étaient ainsi ouverts le dimanche 5 avril, contre 83% le 1er mars, avant l’épidémie. 

Dans le détail, on comptait ainsi 2 fois moins d’hypermarchés ouverts le 5 avril que le 1er mars, avec de nettes différences selon les régions : seulement le quart des hypermarchés étaient ouverts dans le Grand-Est, et quasiment aucun en Alsace, particulièrement touchée par l’épidémie. “A l’inverse, la situation a étonnamment peu évolué en Ile de France, et l’on comptait toujours 80% de magasins ouverts à Paris le 5 avril. Les enseignes d’hypermarchés réagissent également de manière très différente, avec en moyenne 70% d’unités fermées, mais jusqu’à 94% pour l’une d’entre elles” précise Daniel Ducrocq, Directeur des services à la distribution de Nielsen.

VERS UN RÉÉQUILIBRAGE DURABLE DES COURSES DANS LA SEMAINE ?

L’extension de la période de confinement devrait confirmer la baisse de l’activité lors du week-end, qui pourrait être encore plus nette si les fermetures du dimanche se poursuivent,  compensée par le dynamisme des ventes en semaine. Mais qu’en est-il pour l’après-confinement ?

Il sera important pour les industriels et les enseignes de continuer à surveiller de très près les changements de comportements d’achat, même après la crise du coronavirus. Si les ménages continuent à faire leurs courses de plein d’autres jours que le samedi, cela aura un impact sur la logistique, entre autres. Afin de répondre à la demande et d’éviter les ruptures de stock, il faudra réajuster le réapprovisionnement. Peut-être cela donnera-t-il aussi de nouvelles possibilités de concevoir et planifier des promotions pendant toute la semaine.

Selon Daniel Ducrocq, “le poids des jours dans les ventes hebdomadaires est à mettre en regard de l’accélération des ventes en e-commerce (drive et livraison à domicile) et en proximité. Ces circuits sont moins dépendants du samedi, et font en ce moment le plein de nouveaux clients. Reste à savoir si la crise économique qui suivra la crise sanitaire ne sera pas salutaire pour les enseignes d’hypers et de supermarchés les mieux placées en prix, fortes en marques propres et  mieux disantes en promotion”. De quoi rebattre les cartes dans les prochains mois.