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Le vrac résiste à la crise sanitaire
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Le vrac résiste à la crise sanitaire

40% des Français étaient acheteurs de vrac avant la crise COVID-19, 7 sur 10 sont déjà revenus en acheter quelques semaines après.

Alors que les consommateurs remettent à zéro de nombreux comportements d’achats suite à la crise sanitaire, certains achats sont particulièrement scrutés de près : c’est le cas des achats en vrac.

COVID-19 : un obstacle surmonté, avec 7 acheteurs sur 10 de retour

En effet, encore plus que pour les produits emballés, chahutés comme jamais ces derniers mois, la crise sanitaire et de nombreuses contraintes d’hygiène auraient pu stopper net les achats de produits en vrac. Or 70% des acheteurs vrac étaient déjà revenus en acheter mi-juillet.

Il s’avère qu’une partie de la clientèle a en effet arrêté d’acheter en vrac, mais plus pour des raisons logistiques que par choix. Comme le précise Catherine Urvoy, Consultante Senior Consommateurs chez Nielsen, “les consommateurs freinés par le contexte sanitaire, méfiants quant à l’hygiène des produits en vrac, sont finalement restés très minoritaires. En revanche, la clientèle a souvent été confrontée à des rayons vrac fermés, et a fréquenté pendant le confinement d’autres points de vente (proximité, drive…) que leur magasin habituel, sans pouvoir y trouver de rayon vrac.”

Au final, si 40% des foyers français se déclaraient acheteurs de vrac en début d’année, 22% des foyers ont continué à en acheter pendant le confinement… un score remonté à 28% quelques semaines après.

Le vrac, une tendance consommateurs de fond

Une enquête Nielsen réalisée en début d’année révélait la forte prise de conscience des enjeux de l’emballage chez les Français. Parmi les résolutions pour 2020, 27% des personnes interrogées révélaient que l’achat de produits limitant les emballages était l’une de leurs bonnes résolutions… en tête du classement cette année.

40% des Français déclaraient alors acheter des produits en vrac (+ 3 points par rapport à l’année précédente), avec en tête, les fruits oléagineux (noix, noisettes…) et les fruits secs, achetés respectivement par 58% et 51% des acheteurs de vrac. Quelques différences émergent en termes socio-démographiques, avec notamment les moins de 35 ans, les cadres et les foyer urbains qui se montrent encore plus adeptes du vrac que la moyenne des Français : une surreprésentation de ces foyers fortement liée à l’historique, le vrac étant arrivé en premier dans les magasins bio, à la clientèle plus aisée et plus urbaine.

Ce mode d’achat garde tout son potentiel, avec 61% des foyers français qui souhaitent plus de produits en vrac dans leurs magasins, notamment au rayon épicerie. Pour convaincre les réfractaires à l’achat en vrac, le prix s’avère le premier frein, devant les interrogations sur l’hygiène et la praticité. Là encore, la présence du vrac dans les magasins bio dans les premiers temps a probablement eu un effet sur la perception prix des consommateurs, les magasins bio proposant globalement une offre plus chère qu’en grandes surfaces traditionnelles.

Du potentiel pour la distribution

Pour répondre à cette demande croissante des consommateurs, tant la grande distribution que les magasins spécialisés se sont mobilisés ces dernières années. Avec plus de 3 hypers et supermarchés sur 4 équipés d’un rayon dédié, les grandes surfaces sont le premier circuit pour les achats en vrac, devant les magasins spécialisés bio.

Pour Célia Rennesson, Directrice de Réseau Vrac, “le parc de magasins est de surcroît complété par les magasins spécialisés vrac, dont le nombre a progressé de 60% l’an passé, pour atteindre 385 commerces fin 2019. C’est cette multiplication des points de vente offrant du vrac, complétée par l’offre produits qui s’élargit et cette appétence accrue des consommateurs – la Convention Citoyenne pour le Climat demande que le vrac représente 50% de l’offre en GMS en 2030 – qui laissent présager un bel avenir pour le vrac. Après 41% d’augmentation l’an passé, nous attendons même un triplement du chiffre d’affaires en 2022.”