BAISSE RECORD DE LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS DANS LE MONDE

L'enquête mondiale sur la confiance des consommateurs menée par le Conference Board® révèle un recul généralisé du moral des consommateurs, qui ont augmenté leurs achats de première nécessité tout en diminuant leurs dépenses discrétionnaires. La France ressort un peu moins affaiblie de la séquence que la moyenne mondiale.

La détérioration des perspectives d’emploi et les inquiétudes croissantes concernant les finances personnelles ont entraîné une chute record de la confiance des consommateurs dans le monde au cours du deuxième trimestre 2020, selon l’enquête mondiale sur la confiance des consommateurs du Conference Board®.

Réalisée en collaboration avec Nielsen, l’enquête révèle que l’indicateur de confiance des consommateurs dans le monde est tombé à 92 au deuxième trimestre, alors qu’il se maintenait à son plus haut niveau historique de 106, avant que la pandémie ne s’étende de manière significative au-delà de la Chine.

Cette baisse de 14 points marque la plus forte baisse d’une période à l’autre depuis la création de l’indice par Nielsen début 2005. En outre, cette dernière baisse est deux fois plus importante que la plus forte chute jusqu’ici, enregistrée lors de la crise financière mondiale de 2008-2009.

“Les premiers signes de reprise économique observés sur plusieurs marchés ne permettent pas de présager une reprise rapide de la confiance des consommateurs dans les mois à venir”, a déclaré Bart van Ark, économiste en chef du Conference Board et co-auteur du rapport. “Les pays ont des approches différentes pour contenir la pandémie, gérer les impacts directs sur l’emploi et les revenus, et la confiance que les populations ont dans leurs gouvernements, qui tous influencent la confiance des consommateurs dans la reprise”.

VERS UNE RÉCESSION INDUITE PAR LA DEMANDE, ET UN PESSIMISME PARTI POUR DURER

  • Dans le monde entier, en particulier dans les marchés émergents, notamment en Argentine, au Brésil et en Russie, la détérioration des perspectives d’emploi et l’inquiétude croissante concernant les finances personnelles ont fait baisser la confiance des consommateurs au deuxième trimestre 2020.
  • Dans les économies matures d’Amérique du Nord et d’Europe, et en particulier dans la zone euro, la détérioration des perspectives d’emploi a entraîné la baisse du niveau de confiance. Cette baisse a été particulièrement prononcée aux États-Unis, au Canada, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.
  • En Amérique Latine et sur certains marchés de la région Asie-Pacifique (notamment à Hong Kong, en Corée du Sud, à Taïwan et en Thaïlande), la baisse des perspectives concernant les finances personnelles pour les 12 prochains mois a entraîné la baisse de la confiance. Cette dynamique était également visible en Afrique du Sud et en Turquie.
  • Sur d’autres marchés, tels que l’Italie, l’Espagne, les EAU, l’Inde, Singapour et le Mexique, l’effet domino provoqué par la pandémie – fermetures d’entreprises et réductions des dépenses de consommation entraînant une détérioration des perspectives d’emploi et des finances personnelles – s’est fait sentir plus fortement que dans de nombreuses autres régions du monde, affaiblissant considérablement la confiance des consommateurs.

DÉPENSES EN HAUSSE POUR LES PRODUITS DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ, EN BAISSE POUR LES LOISIRS… ET PROGRESSION DE L’ÉPARGNE.

Au cours du deuxième trimestre, les consommateurs ont dépensé davantage pour les produits et services essentiels, ce qui reflète de manière évidente l’adaptation à une nouvelle réalité. Dans le même temps, les restrictions persistantes sur les visites en magasins, restaurants et autres lieux publics, ainsi que les préoccupations financières, ont fait baisser les dépenses discrétionnaires de catégories comme les loisirs, la mode ou encore les repas au restaurant.

Les consommateurs ont également économisé et investi davantage dans des actions ou des fonds au cours du deuxième trimestre 2020 par rapport au premier trimestre.

“En envisageant l’avenir, un nombre grandissant de consommateurs prévoient de limiter les dépenses pour leurs vacances annuelles, de limiter les petits voyages et de dépenser moins pour les loisirs sur le long terme”, a déclaré Denise Dahlhoff, chercheur principal, Consumer Research, au Conference Board. “Ces plans visant à réduire les dépenses dans les catégories expérientielles peuvent refléter tout autant les règles de distanciation sociale persistantes que des préoccupations sanitaires et financières”.

Le moral des consommateurs est plus résistant sur les marchés où les autorités ont gagné la confiance de leurs citoyens.

  • En Corée du Sud et à Taïwan, par exemple, le déploiement rapide et efficace de mesures préventives, associé à des systèmes nationaux de soins de santé fiables et à des filets de sécurité sociale ciblés (permettant aux travailleurs de rester chez eux sans restreindre leurs finances et leurs dépenses personnelles), a renforcé la confiance des pouvoirs publics et amorti la chute de la confiance des consommateurs.
  • En Suède, en revanche, où la confiance dans les interventions gouvernementales était également élevée au départ, l’augmentation relativement rapide du nombre de décès et la hausse du chômage au cours des derniers mois ont entraîné un affaiblissement considérable de la confiance des consommateurs.
  • En France, la confiance a perdu 12 points depuis fin 2019, dans la moyenne Européenne. Le moral des consommateurs a particulièrement chuté dans la péninsule ibérique : -30 au Portugal et -24 en Espagne.

“Sans une confiance accrue du public dans le gouvernement pour atténuer le risque d’une deuxième vague d’épidémies, la confiance des consommateurs restera déprimée au cours des prochains mois”, a ajouté Elizabeth Crofoot, économiste principale au Conference Board et co-auteur du rapport.

“Les consommateurs resteront prudents quant à la poursuite d’activités en dehors du domicile, tout en continuant à se sentir inquiets quant à leurs perspectives d’emploi et leurs finances personnelles”.

TROIS FACTEURS CLÉS DÉTERMINERONT LA FORCE DE LA REPRISE.

  1. Augmentation du nombre de nouveaux cas et de décès liés à la COVID

Une première vague prolongée d’infections, et la menace imminente d’une deuxième vague, continueront à supprimer la confiance des consommateurs mondiaux.

  1. Impact économique de la COVID sur les emplois et les revenus des ménages

Les suppressions d’emplois et les congés ont accru l’anxiété face à la baisse des revenus et au stress financier des ménages, ce qui a affaibli la demande des consommateurs. Même si les perspectives commencent à se redresser dans les mois à venir, une fois que les programmes de soutien du gouvernement aux employeurs et aux travailleurs (tant aux États-Unis qu’à l’étranger) auront pris fin, les consommateurs réduiront encore plus leurs dépenses.

  1. Confiance des citoyens dans les gouvernements, notamment dans les politiques visant à atténuer les effets du virus

Le renforcement de la confiance dans les autorités gouvernementales sera essentiel pour augmenter la probabilité que les citoyens suivent les conseils de santé publique et commencent à se réengager en toute sécurité dans leur économie locale, ce qui entraînera une reprise plus rapide de la confiance des consommateurs.

Le rétablissement éventuel de la confiance des consommateurs variera selon les régions.

  • Dans la région Asie-Pacifique, des pays bien au-delà de la première vague de cas, tels que la Chine et la Corée du Sud, ont mis en œuvre avec succès des politiques d’endiguement strictes et ont commencé à rouvrir leur économie. Comme les nouveaux foyers sont rapidement identifiés et isolés, la confiance dans ces marchés devrait se rétablir assez rapidement. En revanche, d’autres marchés asiatiques, notamment l’Indonésie et l’Inde, ont eu du mal à apporter une réponse politique efficace et pourraient se rétablir plus lentement, surtout si les cas continuent à s’accélérer.
  • La réponse politique de l’Europe est très hétérogène : les mesures d’endiguement proactives et le programme de subventions salariales de l’Allemagne, tous deux parmi les plus solides d’Europe, pourraient favoriser une reprise plus rapide. Mais au Royaume-Uni, des réponses politiques tardives peuvent entraîner des pertes d’emplois et de revenus plus importantes, ce qui conduirait à une période prolongée de faible confiance.
  • Dans le Gulf Cooperation Council* et en Amérique du Nord, notamment au Canada, la baisse des prix du pétrole ajoute à la pression sur la confiance des consommateurs. Aux États-Unis et au Mexique, où l’ouverture de l’économie a, dans plusieurs cas, coïncidé avec une augmentation des taux d’infection, la confiance des consommateurs restera probablement déprimée pendant une période prolongée.

A Propos de Nielsen

Nielsen Holdings plc (NYSE: NLSN) est une société internationale de mesure & analyse des données qui fournit une vision complète des consommateurs et marchés à travers le monde. Notre approche combine données propriétaires Nielsen et autres sources de données afin d’aider les clients à comprendre les événements en cours et à venir, et à tirer partie de ces connaissances. Depuis plus de 90 ans, Nielsen fournit des données et analyses bâties sur la rigueur scientifique et l’innovation, et développe en permanence de nouvelles méthodes pour répondre aux problématiques des média, de la publicité, de la distribution et des industries des produits de grande consommation. Nielsen, société du S&P 500, opère dans plus de 100 pays à travers le globe, représentant plus de 90% de la population mondiale. Pour davantage d’informations, merci de consulter <a href=’http://www.nielsen.com’>www.nielsen.com</a>.

*Note sur les résultats et l’indice de notre enquête du deuxième trimestre 2020

  • À partir de la vague du deuxième trimestre 2020, l’enquête mondiale sur la confiance des consommateurs du Conference Board® inclut quatre pays supplémentaires au Moyen-Orient : Bahreïn, Koweït, Oman et Qatar. Ces pays, ainsi que l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, constituent un nouvel agrégat pour le Gulf Cooperation Council (GCC).
  • La Chine a également été réintroduite dans l’échantillon pour le deuxième trimestre 2020, ayant été exclue de l’indice du premier trimestre 2020 en raison des mesures restrictives de confinement COVID-19 prises par le pays au cours de cette période.

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