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Covid-19, coup d’accélérateur pour le drive
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Covid-19, coup d’accélérateur pour le drive

Si la semaine du 2 au 8 mars a été exceptionnelle en magasin, elle a d’abord vu une accélération spectaculaire des ventes en e-commerce - livraison à domicile et drive.

UN NIVEAU DE VENTES EXCEPTIONNEL DU 2 AU 8 MARS

Dans la lignée de la semaine précédente, le chiffre d’affaires de la grande consommation a connu des journées exceptionnelles : avec une progression approchant +10% en valeur et en volume, les produits de grande consommation ont à nouveau connu l’une de leurs meilleures semaines des dernières années, la palme revenant aux produits d’épicerie.

Pour Anne Haine, Directrice Générale de Nielsen France, “la fréquentation en semaine s’est développée fortement les lundi et mardi, suite sans doute aux ruptures constatées en magasin le week-end précédent.” La hausse a été ainsi proche des +20% le lundi, avant de se stabiliser du mercredi au vendredi à +9%, puis de redescendre à un rythme standard le samedi. Pourtant, le dimanche 8 mars a vu la progression reprendre de plus belle, confirmant que la séquence d’achats de précaution n’était pas terminée.

SEMAINE DE TOUS LES RECORDS POUR LE DRIVE

Tous les circuits ont connu un afflux de consommateurs, venant en magasin ou commandant sur internet pour stocker en nombre produits alimentaires et d’hygiène. Le e-commerce a néanmoins progressé 4 fois plus vite que les magasins physiques.

Pour Anne Haine, “le e-commerce bénéficie d’un contexte des plus favorables, qui après les gilets jaunes et les grèves de fin 2019, accélère l’adoption de ces circuits alternatifs sur l’alimentaire. Un phénomène que l’on constate dans de nombreux pays.”

Encore davantage que la semaine précédente, le drive a vu sa progression largement accélérée (+29% de ventes en plus que l’an passé), battant ses records de chiffre d’affaires sur une semaine. Avec 164 millions d’euros réalisés, le drive dépasse même les 7% de part de marché hebdomadaire pour la première fois. Dans le détail, le drive a même flirté avec 9% de part de marché le lundi 2 mars.

Autre record, celui du plus fort chiffre d’affaires réalisé sur une seule journée : vendredi 6 mars, le drive a atteint un pic de ventes jamais atteint, dépassant 30 millions d’euros en 24 heures.

Lors de cette semaine record, les ventes de plusieurs catégories ont même plus que doublé. On relève parmi les produits les plus recherchés tant des produits d’hygiène (gants de ménage, savons…) que de l’alimentaire non périssable (pâtes, conserves…).

Avec également la livraison à domicile, moins développée mais qui progresse comme la semaine passée de plus de 70%, les produits de grande consommation voient le e-commerce accélérer nettement lors de cette séquence du Covid-19.

PERSPECTIVES : HAUSSE DE LA CONSOMMATION À DOMICILE ET MOMENT-CLÉ POUR LE E-COMMERCE

La constitution de stocks pour les placards de la cuisine ou de la salle de bain, telle qu’observée jusqu’ici, présageait d’un creux dans les ventes à venir, les ménages épuisant petit à petit leurs stocks. Mais jeudi 12 mars, l’annonce par le Président Macron de la fermeture des écoles et sa forte incitation au télétravail, ont assurément changé la donne, car ces produits d’épicerie et d’hygiène, mais aussi les aliments frais ou les boissons vont connaître un surcroît de consommation dans les semaines à venir. Les ménages vont consommer plus à domicile qu’ils ne le feraient habituellement, restant chez eux avec leurs enfants et réduisant les sorties au restaurant notamment. 

Une autre conséquence à envisager est le recours accru au e-commerce (dont le drive), qui pourrait bien se poursuivre après la sortie de l’épisode Covid-19. Il s’agirait d’un changement significatif dans les comportements d’achat : séduits par les achats online pour éviter les contacts humains en magasins, une nouvelle clientèle pourrait être convaincue à l’usage par les autres avantages du e-commerce (praticité, gain de temps…). 

L’enjeu est de taille pour les enseignes de e-commerce ; afin de convertir l’essai de ces clients additionnels et pérenniser le recours au online, les distributeurs vont devoir dès ces jours-ci assurer la qualité de l’expérience client. Malgré l’afflux inévitable des commandes qui risquent de saturer les sites de e-commerce et compliquer les délais de livraison ou de mise à disposition dans les drives.