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Un Dry January encore timide
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Un Dry January encore timide

Pour 3% des Français, pratiquer le Dry January était une résolution pour 2020… et la clientèle de boissons alcoolisées en grandes surfaces a réellement baissé de près de 4% sur le mois de janvier. Une tendance minoritaire mais qui présage un avenir sans alcool ?

Survivre au mois de janvier sans alcool : c’est le principe du Dry January à chaque début d’année. Lancé au Royaume-Uni par une association en 2013 (avec la thématique du “Sober September”), le challenge consiste à s’abstenir de boire de l’alcool le premier mois de chaque année.

Pour les alcooliers et les distributeurs de boissons, cette possible perte de ventes peut être source d’inquiétudes, mais aussi d’évidentes opportunités si jamais les consommateurs deviennent adeptes de ce nouveau comportement.

Les ventes d’alcools toujours au rendez-vous

Un recul significatif des ventes pour les alcools en janvier ? Ce n’est pas pour cette année. L’ensemble des ventes de boissons a même eu tendance à mieux se porter en ce début d’année que sur l’ensemble de l’année 2019.

Pour les alcools comme les boissons sans alcool, le mois de janvier affiche une tendance plutôt positive par rapport à l’année écoulée… comme les produits de grande consommation dans leur ensemble. Si les ventes d’alcools ont en effet baissé à la fin de la première semaine… ce n’est plus le cas ensuite ; un signe que les bonnes résolutions ne vont pas plus loin que le premier week-end ?

Dans le détail, ce sont surtout les bières, très positives, et les champagnes, au recul ralenti en ce début d’année, qui expliquent la bonne santé des alcools. Les vins poursuivent eux leur repli au même rythme en janvier.

Au sein des spiritueux, les whiskies sont certes un peu moins bien orientés et les rhums voient leur dynamisme légèrement ralenti… mais leurs ventes continuent de progresser, dry january ou pas ! Les vodkas réalisent même un excellent mois de janvier, avec des volumes à +6% contre +2% en 2019.

Vins et bières sans alcools : “peut mieux faire”

Remplacer les boissons alcoolisées par leur équivalent sans alcool ? Le réflexe est loin d’être ancré dans les mœurs. Ainsi, les ventes de vin sans alcool restent confidentielles quelle que soit la période considérée. Pour Nicolas Léger, Manager Analytique chez Nielsen, la France se distingue par la relation particulière entre les consommateurs et le vin : “pour beaucoup de Français, le vin garde une image traditionnelle et le sans alcool n’est pas une option envisageable. Aujourd’hui, le vin sans alcool reste marginal en grandes surfaces et les mentalités prendront sans doute du temps à changer. Néanmoins, le succès parallèle de start-ups comme Le Petit Béret incitent à la réflexion sur ce segment de marché.”

En revanche du côté des bières, la percée du sans alcool s’accélère, notamment reste de l’année avec une consommation notamment favorisée lors des périodes de fortes températures où l’on voudra limiter le taux d’alcool. Une tendance qui devrait perdurer avec les nombreux lancements récents…

Dans d’autres pays, la pratique assidue du Dry January (par exemple aux Pays-Bas) et au-delà, la déconsommation d’alcool (notamment aux Etats-Unis) ont été favorisées par les initiatives des industriels. Pour Nicolas Léger, “ces nouveaux segments comme les hard-seltzers, kombucha etc… sont des succès outre-atlantiques, et leur accueil en France sera intéressant à étudier. Certes le marché français peut s’avérer frileux pour de tels segments de rupture, mais l’appétence des générations Y et Z pour des produits différents, responsables, et communautaires pourrait favoriser leur implantation en tant que substituts aux boissons alcoolisées.”

La résolution du “zéro alcool”, de voeu pieux à comportement tangible ?

Diminuer la consommation d’alcool fait désormais partie des bonnes résolutions de certains de nos compatriotes. Certains évoquent même le Dry January parmi leurs résolutions de l’année : 3% des Français ont déclaré qu’ils s’engageaient à ne pas consommer du tout de boissons alcoolisées sur le mois de janvier.

Au-delà du mois de janvier, 6% d’entre eux déclarent vouloir consommer moins de boissons alcoolisées en 2020… certes loin derrière les résolutions durables comme réduire le suremballage, mais à suivre néanmoins.

Car la réalité du terrain vient confirmer les résolutions : la tendance est plutôt à la baisse pour le nombre d’acheteurs de boissons alcoolisées. Ce sont plutôt les 50-64 ans qui sont moins nombreux alors que les plus jeunes fréquentent davantage le rayon alcools sur le mois de janvier. En 2019, la baisse d’acheteurs pour les alcools atteignait -0.5%, et en janvier 2020, elle approche des -4%… signe de nouvelles habitudes de consommation ? Pour Nicolas Léger, “les comportements consommateurs deviennent variés comme jamais, et si la tendance se confirme, marques et enseignes devront repenser leurs assortiments et favoriser la consommation d’alternatives moins voire non alcoolisées.”

En analysant les données et tendances disponibles, les acteurs des catégories alcools peuvent découvrir des opportunités pour accompagner les consommateurs dans leurs résolutions, plutôt qu’être simples spectateurs de l’évolution de la consommation.